On ne peut parler de la musique traditionnelle Guadeloupéenne sans évoquer le Gwo ka qui trouve ses origines au temps de l’esclavage. Face aux différences culturelles qui existaient entre les esclaves africains (musique, danses, langues..), ces derniers ont élaboré un outil de communication autour d’un tambour créole, le ka. Ainsi naissait le style musical Gwo ka, qui reste jusqu’à nos jours une tradition très importante en Guadeloupe.
Ayant de telles origines, il n’est guère étonnant que le gwo ka que nous connaissons aujourd’hui se caractérise par un rythme fortement africain.

La structure rythmique du gwaka se compose de 2 tambours boula (ou parfois plus), au son grave, sur lequel sont frappés les rythmes de base qui accompagnent le tambour
soliste, le marqueur, qui marque le danseur. Elle est menée par un chanteur qui lance une chanson dont le refrain est repris par les choeurs, les répondeurs. Viennent s'ajouter les battements des mains et les chachas, maracas, se sont des calebasses jouées à pleine main remplie de graines qui aide à soutenir la cadence rythmique.
La musique Gwo Ka s'est adaptée au milieu et était présente dans tous les actes de la vie quotidienne (comme en Afrique) naissance, mort, gîte, révolte, tâches journalières, romances etc... C'est pourquoi on peut répertorier différents types de chants ou styles gwo ka, pour donner les huits rythmes ou danses que nous connaissons :
- le Léwòz : rythme guerrier
- le Menndé : dernier rythme arrivé au pays avec la venue des congos
- le Kaladjya :
symbolise la lutte en amour.
- le Graj : accompagne les travaux de production agricole (ex : le grage manioc, le jardin, la cueillette).
- le Woulé : "valse créole" pour charmer et singer le blanc
- le Padjanbèl : danse de la coupe de la canne.
- le Toumblak : la danse du ventre, la danse de la fertilité
- Le Mayole :
Le jeu des mayoleurs est un duel aux bâtons sous forme de danse.
Le mot GWO KA désigne aussi bien l'instrument que la musique elle- même
Chaque année, la Guadeloupe fête le Gwo Ka à l’occasion du Festival du Gwo Ka de Sainte Anne. Ceci est devenu un rendez-vous musical incontournable attirant non seulement grand nombre d’antillais mais aussi beaucoup de touristes. C’est en quelque sorte une manière de perpétuer la tradition.
Source : Ka Maniok