L'usine Darboussier fut inaugurée en 1869. Sa situation en bordure de Mer favorisait le chargement du sucre, qui était acheminé vers les grands ports français. Les dirigeants de l'Usine pratiquaient "La politique du sel qui consistait à lutter contre l'absentéisme en proposant une mesure de sel, denrée rare, en fin de journée de travail. Après la crise sucrière de 1902, prolongée par des conflits sociaux graves, Darboussier fut mise en vente et rachetée par un groupe à capitaux métropolitains avec la participation notamment des familles d'Aubert-Raoul Duval et de la raffinerie de Saint-Louis. En 1907, elle devenait une société anonyme au capital de 9 millions de francs, somme considérable à cette époque. La maison qui se trouve à l'angle eds rues Achille-René-Boisneuf et Nozières à Pointe-à-Pitre (devenue le musée Saint-John Perse et propriété de la ville) fut construite par les établissements Cail et appartient àà partir de 1907 à la nouvelle société.
La SIAPAP parvint, en 1934, à racheter l'Usine Blanchet que détenait la Compagnie marseillaise avant de faire faillite. Elle fut l'entreprise la plus importante que le département ait connue. Au cours des années 1950-1960, grâce à d'importants investissements, les capacités des usines Darboussier et Blanchet ont été portées respectivement à 3000 et 1500 tonnes de canne par jour. L'usine à sucre Darboussier devient rapidement le centre industriel le plus important de l'île. Participant au développement du Carénage, elle est alors le plus gros employeur de la région, et imposant des bons portant sur son empreinte aux ouvriers et aux épiceries du quartier. Le produit fini , le sucre est rapproché de son lieu d'exploitation, alors que la canne produit brut est transportée des chalors à la ville par des trains qui la contournent et la ville par des trains qui la contournent et traversent des zones qui deviendront ultérieurement les faubourgs. L'usine contribue particulièrement à la domination de la ville sur les campagnes sucrières des Abymes, voire de Baie-Mahault. Inluente au cours du XXe siècle du point de vue économique, politique et social, elle ferme en 1980, à une époque où elle dispose de la plus grande capacité de broyage de la Guadeloupe.
En 1969, le groupe décidait de fusionner avec la Compagnie française de sucreries (CFS). En fait, la SIAPAP (Société industrielle et agricole de Pointe-à-Pitre) restait largement majoritaire, puisque la CFS ne conservait même pas la minorité de blocage. Deux nouvelles société naissaient, la société industrielle de sucreries (SIS) et la Société agricole de la Guadeloupe (SAF), avec trois usines : Darboussier, Bonne-mère et Blanchet.
La direction du groupe eut de nouveau maille à partir avec les syndicats et les ouvriers agricoles, surtout à Bonne-Mère, la cause essentielle étant la mécanisation de la récolte, condition sine qua non pour survivre, mais qui supprimait de nombreux emplois. La conséquence directe fut le manque de production, ce qui entraîna la fermeture de l'usine Bonne-Mêre en 1974, début du déclin irréversible du nouveau groupe. Six années plus tard, en 1980, Blanchet fermait à son tour, après la campagne 1980-1981 et en application des accords avec le CIASI, Darboussier s'arrêtait après plus d'un siècle d'activité